Epidémie d’Ebola en RDC : la réponse humanitaire est urgente pour limiter le nombre de décès et la propagation du virus
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Une nouvelle épidémie du virus Ebola est apparue au début du mois de mai dans l’est du pays. À ce jour, 1077 cas suspects et 238 décès ont été recensés, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Le virus, lié à une souche rare particulièrement dangereuse, présente un taux de mortalité pouvant atteindre 50 %, d’autant plus préoccupant qu’aucun vaccin n’existe à ce jour pour ce variant.
L’épidémie s’étend rapidement et est difficile à contenir
La difficulté à identifier les symptômes complique encore la réponse sanitaire, d’autant que le virus atteint des zones qui n’y ont jamais été confrontées. Les communautés ne les reconnaissent donc pas, ce qui entraîne une propagation très rapide.
L’OMS a confirmé la gravité de la situation en déclarant que l’épidémie représente une urgence de santé publique. Le virus Ebola se propage actuellement dans l’est du pays, notamment dans des zones touchées par les conflits et difficiles d’accès. Des cas ont déjà été signalés au-delà de la zone initiale de Bunia, notamment à Goma et Kinshasa, ainsi qu’en Ouganda, faisant craindre une propagation régionale et internationale.
Une propagation accélérée par les déplacements et une sous-détection des cas
La situation est particulièrement préoccupante dans les zones qui accueillent des personnes déplacées, comme Beni, Butembo ou Goma. La forte densité de population, le manque d’accès à l’eau et à l’hygiène, ainsi que les déplacements de personnes entre les camps, les communautés d’accueil et les villes favorisent la propagation du virus. Le conflit en cours facilite aussi sa diffusion d’une région à l’autre, notamment vers les pays voisins comme l’Ouganda.
De nombreux cas passeraient encore inaperçus, faute de moyens suffisants pour détecter et suivre l’épidémie, ce qui signifie que la propagation réelle pourrait être bien plus importante que les chiffres officiels. Les mesures pour freiner le virus, comme les confinements, risquent par ailleurs d’aggraver la situation des populations déjà vulnérables en affectant leurs moyens de subsistance.
Selon nos estimations, jusqu’à 2 millions de personnes pourraient être touchées.
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L’action d’Oxfam : intervenir rapidement pour stopper la propagation de la maladie
L’accès à l’eau propre et à des infrastructures sanitaires fonctionnelles constitue une ligne de défense essentielle pour limiter la propagation de l’épidémie. L’eau potable permet non seulement de réduire les risques liés à la déshydratation, mais aussi de limiter les chaînes de transmission grâce aux mesures d’hygiène et d’assainissement.
Oxfam a un besoin urgent d’environ 10 millions d’euros pour renforcer sa réponse humanitaire auprès des communautés les plus vulnérables. Nous soutenons les communautés affectées dans la lutte contre l’épidémie en fournissant de l’eau potable et des installations sanitaires, du savon et des tablettes pour la purification de l’eau, et des dispositifs de lavage des mains. La sensibilisation auprès des communautés pour détecter les symptômes du virus, et adopter les mesures de prévention et d’hygiène strictes afin de limiter la propagation de la maladie sont primordiales aujourd’hui.
Nos équipes humanitaires collaborent également avec le Ministère de la Santé en RDC, avec nos ONGs partenaires congolaises et des organisations communautaires pour renforcer l’engagement des populations, diffuser des informations essentielles sur les risques de la maladie et améliorer l’identification précoce des cas de contamination.
l' épidémie aggrave une situation humanitaire critique, entre déplacements de populations et coupes dans l’aide internationale
L’épidémie d’Ebola frappe des provinces déjà profondément fragilisées par des années de conflits, de déplacements forcés et d’insuffisance chronique des services publics.
Dr Manenji Mangundu, directeur d’Oxfam en RDC
« Cette épidémie frappe un pays déjà poussé au bord de la rupture. Les conflits persistants et des années de réductions de l’aide ont aggravé une crise humanitaire d’une ampleur vertigineuse : une personne sur quatre souffre de la faim. Ces mêmes coupes budgétaires ont laissé la RDC dangereusement exposée à Ebola, en affaiblissant les systèmes de surveillance qui auraient dû détecter cette épidémie plusieurs semaines plus tôt.”
Les conflits incessants ont entrainé le déplacement de 5,6 millions de personne dont une majorité d’enfants. Selon les données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) des Nations unies, près d’un quart de la population souffre de la faim. En 2025, l’aide internationale n’a couvert que 27% des besoins humanitaires sachant que le nombre de personnes en situation de vulnérabilité s’élevait à 21,2 millions de personnes.
Les coupes dans l’aide à la coopération dans la région ont aussi des conséquences dramatiques sur le système de santé. Le manque de financement international a entraîné la fermeture de centres de santé, des pénuries de médicaments et un affaiblissement des systèmes de surveillance.
La lutte contre Ebola est une course contre la montre. Elle nécessite une réponse rapide et efficace. Seule la solidarité internationale est en mesure d’empêcher cette crise de se généraliser davantage.