Gaza : survivre sous le siège, résister à la colonisation
Deux ans après le début de la guerre génocidaire menée par Israël dans la bande de Gaza, la vie n’a pas repris. L’attention médiatique s’est détournée, comme si le cessez-le-feu avait mis un terme aux souffrances. Mais il n’est pas appliqué : Israël a tué plus de 600 Palestinien.nes depuis le 10 octobre et continue de bloquer largement l’aide humanitaire. Malgré un contexte difficile et grâce à votre solidarité, Oxfam agit pour sauver des vies et restaurer la dignité.
Dans la bande de Gaza, la réalité est brutale. Les bombardements ont cessé, mais la famine et la soif continuent. 500 000 personnes sont en situation de famine. Les civils survivent avec 4,5 litres d’eau par jour. Les infrastructures sont détruites, les hôpitaux débordés. Les traumatismes sont immenses.
Face à cela, Oxfam agit. Grâce à votre soutien, nous avons pu atteindre 1,2 million de personnes avec une aide vitale : cash, nourriture, eau potable, kits d’hygiène, latrines, soutien psychosocial. Nous avons distribué 28 690 colis alimentaires, 73 000 kits d’hygiène, installé 5 unités de dessalement et réparé 40 réseaux d’eau. Plus de 961 latrines ont été construites. L’essentiel de ces actions ont été réalisées par nos équipes et des ONG-partenaires actives à Gaza.
L'impact de nos actions humanitaires
1,2 million de personnes ont reçu une aide vitale
73 000 kits d’hygiène distribués
28 690 colis alimentaires distribués
Des vies derrière les chiffres
Derrière ces chiffres, il y a des vies. Hiba Al-Sayed, 27 ans, veuve deux fois, mère de quatre enfants, a tout perdu, jusqu’aux papiers prouvant son identité. Dans un espace sûr créé par Oxfam et la Culture and Free Thought Association (CFTA), organisation fondée en 1991 à Gaza pour offrir des espaces sûrs aux femmes et aux enfants, elle a reçu un soutien juridique et psychologique.
Le soutien d'Oxfam m'a permis de reconstruire ma vie et celle de mes enfants
« Après avoir récupéré mes documents et reçu l’aide nécessaire, j’ai pu reprendre ma vie et celle de mes enfants. Mais aller chercher de l’aide dans les centres militaires gérés par Israël, ces pièges mortels, c’est risquer sa vie. Nous voulons un accès sûr et digne. »
Hiba Al-Sayed
Il y a aussi Mahmoud Abu Khalil, agriculteur dévoué à Khan Younès et père de quatre enfants. Bien qu'il soit diplômé en économie, le manque d'opportunités d'emploi à Gaza l'a conduit vers l'agriculture, un secteur dans lequel il travaille depuis cinq ans. Sa serre a été pulvérisée par les bombes. Oxfam lui a fourni des intrants agricoles et des outils pour relancer sa production.
Ce n'est pas la vie d'avant mais c'est un début
« Je croyais que tout était fini. Aujourd’hui, je peux nourrir ma famille et vendre quelques légumes. Ce n’est pas la vie d’avant, mais c’est un début. Et savoir que mes tomates nourrissent des enfants déplacés me donne la force de continuer. »
Mahmoud Abu Khalil
Et ces canalisations que nos équipes réparent chaque jour : des conduites éventrées par les bombes israéliennes, des réseaux d’eau potable remis en service pour des quartiers entiers. À Rafah, Khan Younès et Gaza City, nos techniciens et partenaires, comme la Coastal Municipalities Water Utility (CMWU), le principal service des eaux du territoire palestinien, travaillent sans relâche pour reconnecter des milliers de familles à une source d’eau propre. Chaque réparation est une victoire contre l’effondrement.
L’accès humanitaire n’est pas une faveur
Mais nos efforts ne doivent pas occulter la réalité : 50 millions de dollars d’aide restent bloqués aux frontières. Entre le 10 et le 21 octobre, 99 demandes d’ONG pour acheminer de l’aide ont été rejetées. Tentes, nourriture, kits d’hygiène, matériel médical : tout est prêt, mais les cargaisons sont bloquées par des restrictions arbitraires israéliennes, en violation flagrante du droit humanitaire, malgré l’hiver, malgré les pluies torrentielles.
Gaza ne se reconstruit pas. Elle survit
« Nous attendions un flot d’aide dès le cessez-le-feu. Ce qui arrive, ce sont les miettes. Gaza ne se reconstruit pas. Elle survit. »
Bushra Khalidi, ex-responsable du plaidoyer pour Oxfam Palestine.
Le soi-disant « plan de paix » discuté à l’ONU, qui promettait une “reconstruction”, a été dénoncé comme un projet colonial visant à priver les Palestinien.nes de leur droit à l’autodétermination. Pendant que ces négociations se jouent loin des ruines, Oxfam et 40 autres organisations appellent Israël à respecter le droit international et à laisser circuler l’aide librement. L’accès humanitaire n’est pas une faveur : c’est une obligation légale à laquelle Israël est tenue en tant que nation occupante.
Nous continuerons à agir et à plaider pour un accès libre à l’aide et pour la fin des conditions inhumaines imposées par Israël qui détruisent un peuple. Parce que survivre n’est pas vivre. Et parce que chaque don, chaque voix compte pour que Gaza retrouve un jour la dignité.